To do list : une fausse bonne idée !

La « to do list », ou « liste des choses à faire » n’est pas une nouveauté en soi. Je vous propose ici de la réinventer et de lui redonner du sens. La to do list a perdu sa vocation première. C’est plus souvent une « liste de courses » où l’on recense tout ce que l’on a à faire pour ne rien oublier.

Si la liste des choses à faire est l’énumération, même hiérarchisée, de toutes les actions à réaliser dans le cadre de son travail, cette liste peut comporter plusieurs effets contreproductifs. Tout d’abord, par sa longueur, elle peut nous donner l’impression d’être submergé. Et, si nous ne nous sommes pas posé la question de notre capacité réelle à accomplir toute cette liste dans le temps imparti, et, en tenant compte des imprévus, elle va nourrir un sentiment d’échec, d’impuissance ou d’insatisfaction. Dans le flux professionnel actuel, cette liste s’allonge plus vite qu’elle ne se réduit par nos actions. Nous « courons » littéralement  après une quête devenue illusoire : la sensation d’avoir enfin fini sa journée en ayant fait tout ce qu’il y avait à faire !

Qui aujourd’hui a le sentiment de fermer la porte de son bureau le soir en laissant un travail fini et abouti derrière lui ? La tête reste-t-elle encore branchée sur « tout ce qu’il reste à faire » ?  Je constate un deuxième effet contreproductif : lister passivement les choses « à faire », nous fait perdre le contrôle sur notre activité. Cela présente le désavantage de subir son activité.  Nous subissons ce que nous « devons » faire.

Une to do list réinventée

C’est pour ces raisons que je propose de réduire drastiquement la liste écrite afin d’en venir à bout quotidiennement. Parmi tous les modèles de to do list existant, celle de Nicolas Beretti semble très pertinente.

Sa liste est composée d’un seul objectif prioritaire, et de trois objectifs secondaires. L’objectif prioritaire est celui dont nous serons fiers. Celui dont nous parlerons le soir à nos proches. Cette action est parfois celle que l’on diffère depuis quelques jours, ou que l’on a peur de faire. Or, cet objectif prioritaire, comme son nom l’indique, est celui que l’on fera passer en premier, celui sur lequel nous nous mobiliserons totalement! Il s’agit alors de le faire en premier lieu, sans réfléchir, sans différer, sans « se débarrasser d’abord des petites urgences, sans se trouver de petites excuses (pas le temps de le traiter à fond à ce moment là, se laisser distraire par un collègue,…). Cela n’en sera que plus gratifiant.

L’exercice de cette liste consiste aussi à choisir uniquement 3 objectifs secondaires, que nous voulons absolument avoir fini le soir. Trois parmi la liste innombrable des choses à faire ! C’est une forme de discipline, qui nous invite à nous concentrer sur l’essentiel et à nous placer dans un processus de choix au lieu de subir. Je vous invite réellement à essayer cette formule sur une semaine au moins, et voir toute la gratification qu’elle apporte. Evidemment, vous ne ferez pas « que » 4 actions par jour. Mais toutes les actions additionnelles seront vécues comme du bonus, ou pourront être différées ou déléguées de façon beaucoup plus légère.  Vous aurez un cap clair dans les priorités à donner à vos actions et une liste réaliste que vous pouvez intégralement cocher en fin de journée. Cela est  générateur de satisfaction et d’énergie.

Mon objectif prioritaire aujourd’hui :

Mes objectifs secondaires  aujourd’hui :

  • 1….
  • 2….
  • 3….

la Will Do List

Je vous propose une autre version pour une réduction drastique de la to do list : La Will Do List permet de passer de « qu’est-ce que j’ai à faire ? » à « qu’est-ce que je veux faire ?». Le centre de décision redevient interne.

Le « je veux » est très différent du « j’ai envie ». Si nous ne faisions dans une journée que ce que nous avons envie de faire, nous ne serions pas très efficace. Et nous serions dépendant de quelque chose de très volatile qui est l’envie ou l’humeur du moment. Le professionnalisme ne peut donc pas s’appuyer uniquement sur l’envie.

Le « Je veux », et non « je voudrais » qui n’est pas assez mobilisant, s’appuie sur une volonté intérieure connectée aux enjeux de notre travail. Par le « je veux  faire cela aujourd’hui », je choisis les actions personnelles et professionnelles de ma journée. Je retrouve du contrôle sur mon activité et sur mon organisation.

Ma Will Do List : Aujourd’hui,

je veux faire quoi ?

• Je veux avoir vécu quoi ?

• Je veux avoir réussi quoi ?

• Je veux être fier de raconter quoi à  mes amis/mon conjoint ?

Extrait du livre « Les clés du burn out, guide des bonnes pratiques en entreprise », 2016 ; Editions BOD,  Co-auteures : Anne Lebourgeois, Véronique Lepel Cointet, Véronique Bouquet.

Article rédigé par Anne Lebourgeois.